À pied · Mai 2026 · Canaries
Lanzarote, l'île qui brûle encore
Quatre jours de soleil pour fêter une retraite après quarante-sept ans de vie professionnelle. Des volcans, des vignes enterrées dans la cendre, une île sans routes… et pas une seule baignade.
- Durée
- 4 jours
- Randonnée
- Caldera Blanca · 10,3 km · 388 m D+
- À vélo
- La Graciosa · 20 km
- Point haut
- Peñas del Chache · 670 m

Jour 1
Arrecife et le sud
Il fallait marquer le coup. Après un long hiver en altitude, nous avions envie d'une chaleur assurée, d'une île, de volcans, de gambas al ajillo et de tinto de verano. Lanzarote cochait toutes les cases.
Arrecife nous a « déçus en bien » : une petite capitale sans fard, le port intérieur d'El Charco et ses barques colorées, un joyeux désordre de ruelles. Puis le sud, et la vallée de La Geria. Chaque cep y est planté au fond d'un entonnoir creusé dans la cendre, à l'abri d'un muret de pierres noires en demi-lune. Un paysage entier façonné pour quelques grappes de malvoisie, et quelle malvoisie.
La côte enchaîne ensuite les merveilles : la lagune verte d'El Charco de los Clicos, Los Hervideros où la lave s'est figée en cavernes que l'océan vient battre, Fuego Verde où le volcan se mire dans l'eau. Le soleil se couche sur Papagayo, un verre à la main, Fuerteventura posée à quatorze kilomètres.
Jour 2
Le nord, Manrique et les falaises
César Manrique est partout sur l'île, au point d'être devenu notre plaisanterie favorite. Il faut pourtant lui rendre justice. Son Jardín de Cactus, aménagé dans une ancienne carrière, est un amphithéâtre de formes improbables. Son Mirador del Río, encastré dans la falaise à cinq cents mètres au-dessus de la mer, se fond si bien dans la roche qu'on ne le distingue pas d'en face.
De là-haut, La Graciosa flotte sur un bleu irréel. Le volcan de la Corona, annoncé pour deux ou trois heures, a été bouclé en une petite heure : il faudrait trouver mieux. Une pause à l'ombre des vrais arbres de Haría, puis Las Peñas del Chache, le toit de l'île.
Jour 3
Timanfaya et la Caldera Blanca
Entre 1730 et 1736, la terre a grondé six années durant. Les Montañas del Fuego en gardent la mémoire : cratères rouges, coulées figées, une mer de lave hérissée de vingt-cinq cratères. La route des volcans ne se parcourt qu'en bus. Amoureux de liberté et familiers des volcans islandais, nous avons d'abord maugréé, puis compris : une telle nature mérite d'être protégée.
L'après-midi, la vraie randonnée. Un sentier noir et chaotique à travers les champs de lave du XVIIIe siècle, quelques lichens pour toute végétation, puis le petit cratère de Montaña Caldereta où l'on se sent minuscule. La montée vers la Caldera Blanca est progressive ; on suit la crête du cône jusqu'au sommet, à 534 mètres, l'océan d'un côté, la lave de l'autre.
10,3 kilomètres, 388 mètres de dénivelé, trois heures de bonheur presque parfait : marcher sur la lave, c'est l'pied.
À pied · La fiche randonnéeLa Caldera Blanca, marcher sur la lave10,3 km · 388 m D+Carte, chiffres et photos →
Jour 4
La Graciosa, l'île sans routes
Trente minutes de ferry depuis Órzola pour rejoindre la huitième île des Canaries : vingt-sept kilomètres carrés, pas une route goudronnée, du sable et du silence. Vingt kilomètres à vélo sur la tôle ondulée et dans les dunes, des plages solitaires, une lumière blanche. Une île pour voyageurs lents.
Les dernières lignes de ce carnet ont été écrites dans l'avion, puis dans le train. Retour en Helvétie, la tête pleine de chaleur et d'images.














