En 4×4 · Septembre 2026 · Savoie et Val d'Aoste
Bénévoles au Petit-Saint-Bernard
Un trail de montagne, deux bénévoles « avec véhicule tout-terrain », deux ravitaillements perdus dans les combes et deux nuits en tente de toit sous la pleine lune. Un week-end où la Jeep a servi à autre chose qu'à voyager : à être utile.
- Durée
- 3 jours · fin septembre
- Événement
- Trail du Petit-Saint-Bernard
- Course du dimanche
- 68 km · 4 100 m D+
- Véhicule
- Jeep Wrangler Rubicon · tente de toit

Vendredi
Neuf heures de route, puis la lune
Christian s'était inscrit, sans en parler à personne, comme « bénévole possédant un véhicule tout-terrain ». Briefing à Bourg-Saint-Maurice le vendredi à 18 h 30, alors que nous rentrions à peine des Grisons. Nous avons donc écourté d'un jour, dormi une nuit dans notre lit, remonté la tente sur le toit de la Jeep, et repris la route.
Le soir même, nous rejoignons la combe de Bellaval, au-dessus de la Ville des Glaciers, où notre stand doit se tenir. Arrivée de nuit, seuls dans la montagne, sous la pleine lune qui éclaire tout comme en plein jour. Cinq degrés, la tente qui se déplie, le silence. Magique et magistral.
Samedi, combe de Bellaval
Tenir un ravitaillement
Au réveil, nous découvrons le lieu qui sera le nôtre toute la journée. Le soleil passe la crête, trois collègues bénévoles arrivent, et l'on monte le stand : tables, abri, eau, fromage, salami, bananes, cake, pain à découper, raisins frais et secs disposés pour que les coureurs reprennent des forces dans de bonnes conditions.
Puis le premier concurrent, le deuxième, un peloton. On échange quelques mots, on encourage, on materne un peu, on change les cubis d'eau, on recoupe des bananes. Des gens qui ne se connaissaient pas le matin, et qui partagent une journée entière. Les éditions 2024 et 2025 s'étaient courues sous la pluie et la neige ; pour nous, ciel bleu les deux jours.
Samedi après-midi
Le col derrière nous
Toute la journée, nous avons regardé les coureurs grimper le col qui fermait la combe. La montée semblait « accessible ». Une fois le stand rangé, nous y sommes allés à pied : cinq cents mètres de dénivelé, des blocs, des dalles, et en haut une vue immense sur les sommets et un lac d'un bleu de lagon tout en bas.
Deux constats au sommet. Le Mont-Blanc reste caché. Et surtout : par où sont-ils donc descendus, dans cet à-pic de pierres ? Le respect pour ces coureurs de l'extrême a encore grandi d'un cran.
Samedi soir
Le Petit-Saint-Bernard, à défaut d'alpage
Apéro au soleil sur la place de Bourg-Saint-Maurice, le réseau retrouvé après des heures sans connexion, ce qui faisait aussi partie de l'expérience. Puis remontée vers le col du Petit-Saint-Bernard, d'où nous devions rejoindre notre poste du dimanche.
Un malentendu sur le lieu, une erreur de chemin, et l'organisateur nous interdit de monter de nuit : trop dangereux. Bivouac derrière l'hospice, au pied de la statue de saint Bernard que la lune découpe en ombre chinoise, pendant que les frontales des premiers coureurs de nuit dessinent un chapelet de lumière sur le col.
Dimanche, Berrio Blanc
Cinq cents coureurs
Départ à sept heures, guidés par Mauro, notre chef de groupe italien d'une gentillesse rare. Quarante minutes de piste depuis La Thuile, les vaches qui nous ouvrent la route, le soleil qui allume les crêtes, jusqu'à l'alpage supérieur de Berrio Blanc et sa petite bâtisse de pierre.
Plus de cinq cents coureurs, assoiffés, épuisés, tous adorables et reconnaissants. La course du jour : 68 kilomètres et 4 100 mètres de dénivelé, le premier bouclé en 8 h 30. Serre-file et barrière horaire à 15 h 30, puis ranger, démonter, compter les stocks jusqu'à 17 heures. Debout depuis 6 heures, pas une minute assis. Morts, mais heureux. Une nouvelle expérience dans notre vie palpitante.























